Le Taï-Chi-Chuan

tccTaï Chi signifie "grand faîte", "ultime", "absolu", chuan "poing". On ne peut pas donner véritablement une traduction satisfaisante. On peut relever de nombreuses formulations, en voici quelques-unes :"Boxe de la polarité suprême", "Boxe de l'ombre", "aller vers le faîte suprême"... Le mieux est de faire l'expérience du taï chi chuan, vous trouverez certainement l'expression qui vous convient.

Venu de Chine où il est pratiqué traditionnellement, le taï-chi-chuan répond parfaitement aux besoins actuels d’équilibre et de détente.
C’est une « gymnastique » très lente dans laquelle chaque geste ,  chaque attitude a son importance. Pratiqué en groupe, il fait penser aux mouvements souples et ondoyants des algues bercées par les vagues.
Aucun effort physique n’est nécessaire. Au cours de mouvements très précis, l’attention est maintenue sur la globalité du corps en mouvements « fondus continus » qui mènent à une autre forme de souplesse physique et mentale : la fluidité. Cette fluidité est d’abord physique et facilite la libre circulation de l’énergie. Il s’en suit une décontraction psychologique et un état intérieur qu’on peut globalement qualifier de calme et dynamique.

Voilà pour Louis Wan der Heyoten, les bienfaits de la pratique du taï chi chuan pour la santé :

- il donne une respiration réguliére et accroît le volume respiratoire. L'harmonie entre la respiration et l'action permet de ne pas gaspiller son énergie;

- il permet un développement équilibré du corps, car tous les mouvements sont totalement symétriques;

- il développe la relaxation musculaire et l'action rapide;

- il accroît la souplesse;

- il permet d'harmoniser l'esprit et l'action : toutes les formes "extérieures" doivent suivre l'esprit;

- il conduit à une élévation de l'esprit;

- il est excellent pour le système nerveux (relaxation, bonne humeur), le système cardio-vasculaire et le système respiratoire, le squelette, les muscles et les articulations, et le système digestif (Louis Wan der Heyoten, ABC du Taï chi chuan, éditions Jacques Grancher, 1999).

 

 

Historique

Le taï-chi-chuan est apparu en Chine il y a quelques centaines d'années, mais il n'y a pas de certitude sur la date exacte. Autrefois, les professeurs enseignaient leur art en privé, et conservaient secrètes leurs techniques, et donc, de ce fait, l'origine du taï chi reste une énigme.

Deux thèses principales, parmi d'autres, s'affrontent malgré tout sur l'origine du taï chi. La

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première affirme que c'est Chang San-Feng, un ermite résident sur la fameuse montagne Wu-tang, qui a inventé le taï chi à la fin du 14ème siècle, au début du 15ème. Toutefois, certains considèrent qu'il s'agit d'une légende, et que le personnage n'aurait pas existé.

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Une autre thèse avance que le taï chi a été créé par Chen Wang-Ting vers la fin du 17ème siècle qui fonda donc la lignée Ch'en de taï chi.

Les documents les plus authentiques commencent avec Chen Chang-hsien (1771-1853), bien que selon ces documents, la famille Ch'en pratiquait cet art depuis plusieurs générations.

Yang Lu-shan (1799-1872), le disciple de Chen Chang-hsien, créa le style Yang de taï chi, et diffusa avec succès cet art en Chine. Sensiblement dans les mêmes années, Wu Yu-hsiang (1812-1880), un autre disciple de la famille Chen créa l'école Wu. Nous avons donc là, les 3 principaux styles de taï chi pratiqués aujourd'hui : Yang, Chen et Wu. Il faudrait ajouter un style composite créé par Sun Lu-tang (1861-1932). TCMA s'inscrit dans la lignée Yang.

La lignée Yang est la plus pratiquée dans le monde, Yang Lu-shan ayant dès l'origine accepté

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des élèves en dehors de son clan. Les fils de de Yang, Pan-hou (1837-1892) et Chien-hou (1839-1917) furent de grands maîtres.

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Yang Cheng-fu (1883-1936) fût un professeur célèbre et poursuivit la diffusion du taï chi en Chine. Après sa mort, ses étudiants respectèrent ses voeux de faire connaître le plus largement possible le taï chi, y compris en dehors des frontières de la Chine.

La forme Yang du professeur Cheng Man-ch'ing

C'est la forme que nous pratiquons.

Le professeur Cheng Man-ching est né en Chine en 1901.

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Il a reçu une éducation traditionnelle comprenant l'étude de la peinture, de la calligraphie et de la poésie. C'était un enfant maladif, ce qui l'a conduit ensuite à s'intéresser à la santé et à la médecine traditionnelle.

En 1932, alors qu'il était professeur de peinture dans une école d'art de Shanghaï, il commenca à s'entraîner avec Yang Chen-fu, afin de pallier des soucis de santé liés à une tuberculose. Après 6 années d'études du taï chi et de la médecine traditionnelle, il alla enseigner le taï chi dans des académies militaires dirigées par le nationaliste Chiang Kai-shek.

En 1946, Cheng simplifia les 108 positions de la forme Yang en 37 mouvements.

Après le contrôle de la Chine par les communistes en 1949, Cheng s'enfuit à Taïwan, et s'établit comme professeur de sa nouvelle forme de taï chi, ainsi que professeur de poésie, calligraphie et peinture.

En 1964, il s'installa à New-York, où il attira un nombre croissant d'étudiants. En 1975, malade il retourne à Taïwan, et y meurt la même année.